L'apport du répertoire traditionnel

Pour Philippe Oyhamburu, nombreux sont ceux qui ne réalisent pas que la danse est aussi un spectacle. N’importe qui peut danser un fandango ou des sauts basques, mais il existe au Pays Basque une autre sorte de danse qui s’apparente au spectacle. Il insiste sur le fait que les Souletins ont toujours longuement préparé les mascarades pour les présenter au public. Il en était de même en Gipuzkoa. Il cite Juan Ignacio de Iztueta qui rapporte que les danseurs du Gipuzkoa s’entraînaient des semaines durant pour représenter leurs danses en public. Ceci est valable aussi en Biscaye, ou encore pour les danseurs de pastorales. Une autre question se pose alors : au cours de ces spectacles, faut-il présenter les danses populaires telles qu’elles sont, ou faut-il aller plus loin ? De là est née l’idée de créer des ballets. Le groupe Eresoinka n’a pas franchi le pas. "Avec Oldarra et Etorki, nous avons commencé à aller plus loin en créant un ballet", explique Philippe Oyhamburu. "Autrement dit, à raconter une histoire dansée. Ce n’était pas facile à l’époque, parce que cela n’existait pas encore."

Témoin(s) : Philippe Oyhamburu

Commune : Biarritz

Fonds d'archives : Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques

Collection(s) : Danse basque

Collecteur(s) : Terexa Lekumberri

Date : 05-01-2012

Durée : 0:10:01

Référence : 137-31

Code du Pôle d'Archives de Bayonne et du Pays Basque : 19AV31

Lien externe : http://earchives.le64.fr/ead.html?id=FRAD064_IR0643&c=FRAD064_IR0643_de-31

Thème(s) : Danse, Monde associatif


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Philippe Oyhamburu

Philippe Oyhamburu est né en 1921 à Argelès-Gazost et a émigré, à l'âge de trois mois, à Montevideo (Uruguay) où il a passé les huit premières années de son existence.

La famille est revenue à Paris en 1930 où Philippe a vécu jusqu'en 1939, passant les vacances dans la famille de son père à Hendaye. A partir de 1939 jusqu'en 1976, il partagera sa vie entre le Pays Basque, Paris et les nombreuses tournées qu'il fit avec les ballets Oldarra (1945-1953) et surtout Etorki (1953-1984).

Le premier groupe qu'il intégra en 1942 à Biarritz fut celui du maître à danser biscayen, Don Segundo de Olaeta, réfugié de la guerre civile d'Espagne de 1936. Le groupe Olaeta devint Oldarra en 1945, Philippe en prenant alors la direction artistique. Il quitta les ballets Oldarra en 1953 pour créer ceux d'Etorki.

Philippe Oyhamburu est de ceux qui, au delà de la danse populaire et de la danse de spectacle, ont créé le ballet basque. Il a toujours été très attaché à l'idée de professionnaliser la danse basque et reste convaincu que le Pays Basque a plus que jamais besoin d'un ballet national qui serait son ambassadeur à travers le monde. Les ballets Etorki ont d'ailleurs connu plusieurs périodes professionnelles (1953-1956 ; 1966, 1967-1969; 1972, 1976).

Depuis Etorki, il n'y a plus en Pays Basque nord de ballet semi-professionnel. Ce qui témoigne de l'originalité et de l'audace, pour l'époque, de cette aventure artistique.

Philippe Oyhamburu témoigne principalement sur sa carrière de danseur chorégraphe, mais il a aussi été chef de choeur, écrivain, homme politique engagé (d'abord communiste, puis abertzale - patriote basque).

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