Ses relations avec les autres photographes

Témoin(s) : Polo Garat

"Je connais quelques photographes mais peu importe leur nationalité, cela n’a pas d’importance pour moi. Être basque a de l’importance dans ce que je suis, mais cela ne limite pas mon travail, j’aurais l’impression d’être régionaliste, cela ne m’intéresse pas. Grâce aux festivals j’ai eu la chance de rencontrer des gens d’un peu partout dans le monde et j’ai adoré ce qu’ils faisaient, même en étant très loin de la culture basque. Moi je suis un amoureux de l’image, vraiment. Je vois très vite quand cela me plaît ou pas, l’origine de la personne ne m’intéresse pas, au contraire cela pourrait influencer mon point de vue, je préfère donc garder ce langage universel.

Je suis pour la langue basque, je suis abertzale, cela ne changera jamais. Je n’ai pas la langue, mais la photographie me permet de parler aux basques, aux français, aux anglais, aux espagnols, aux italiens, j’aime ce côté universel, même si la langue est essentielle à mes yeux. C’est peut-être aussi un peu pour ça que j’ai quitté le village, parce que c’était un poids de ne pas savoir la langue basque, surtout quand on est cantinière à la mascarade, que l’on discute avec les autres ; il y a un moment où même en comprenant plus ou moins de quoi on parle, on perd le fil. Lorsqu'on allait danser de l’autre côté de la frontière, c’était encore plus fort, personne ne s’intéressait à moi, tout le monde parlait aux souletins euskaldun. Le Pays Basque doit donner les moyens à tout le monde de parler sa langue s’il veut garder ses enfants. Je suis peut-être négatif par rapport à ce sujet, mais aujourd’hui le Pays Basque a choisi l’ultralibéralisme et ce fonctionnement libéral entraînera la perte de la langue. La côte l’a totalement perdu, sans parler du paysage, les affiches, les résidences, l’absence de la nature, c’est une horreur. En même temps je suis fan de l’océan, j’ai jeté les cendres de ma mère à Sainte-Barbe, c’est mon petit coin à moi ; ma mère m’a offert un bel endroit mais elle n’a pas calculé qu’avec tous ces touristes je ne pourrais pas y aller en saison. Je trouve cela fou, je n’ai jamais aimé le tourisme, je trouve que cela apporte l’asservissement d’un peuple, cela transforme les traditions en folklore, et cela donne du travail seulement à ceux qui ont choisi de travailler dans cette branche et ce deux mois dans l’année ; le reste du temps c’est débrouillez-vous. Le mal est fait."


Témoin(s) : Polo Garat

Fonds d'archives : Archives de l'Institut culturel basque

Collection(s) : Entretiens "Témoins de la culture basque"

Collections de témoignage(s):

Collecteur(s) : Jasone Iroz

Date : 08-03-2020

Durée : 0:04:21

Référence : EKL-17-9

Code d'archives de l'ICB : EKL-17-9

Thème(s) : Photographe


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