"Gernikako arbola" - "Adios izar ederra"

Jean-Baptiste Suhas chante seul "Gernikako arbola" puis, à partir de 01:06, "Adios izar ederra" avec Joseph Jaureguiber à deux voix.

Remarque au sujet de la date d'enregistrement : ce type de fiche ne permettant de n'en mentionner qu'une seule pour tous les enregistrements de chaque prisonnier, vous obtiendrez l'information exacte en cliquant sur le lien externe renvoyant aux catalogues en ligne des deux institutions berlinoises.

Témoin(s) : Joseph Jaureguiber, Jean-Baptiste Suhas

Commune : Arcangues

Fonds d'archives : Archives de la Commission Phonographique prussienne (Allemagne)

Collection(s) : Enregistrements de prisonniers de guerre basques (1916-1917)

Collecteur(s) : Königlich Preußische Phonographische Kommission, Hermann Urtel, Georg Schünemann

Date : 20-03-1916

Durée : 0:01:46

Référence : BER-10-07

Identifiant de la Commission phonographique prussienne: Phon. Komm. 513

Lien externe : http://www.smb-digital.de/eMuseumPlus?service=ExternalInterface&module=collection&objectId=743537&viewType=detailView

Thème(s) : Chant et musique


Droits et conditions de reproduction

© Sammlung Phonographische Kommission VII WS 238, Ethnologisches Museum, Staatliche Museen zu Berlin-PreuBischer Kulturbesitz / © Lautarchiv, Humboldt-Universität zu Berlin

Les archives de ce basque sont réparties entre les phonothèques des deux institutions allemandes : celles enregistrées sur cylindres de cire sont au Musée ethnologique de Berlin, et celles, sur disques grammophoniques, à l'Université Humboldt. Les droits d'accès sont donc soumis, selon les cas, à l'un ou l'autre des propriétaires. Le Musée ethnologique de Berlin nous a donné l'autorisation de publier ses archives sonores et les images numériques des documents correspondants sur mintzoak. Nous tenons à lui exprimer notre sincère gratitude. Quant aux archives de l'Université Humbolt, tous les droits sont réservés. Ils sont consultables à l'Institut culturel basque (sur rendez-vous au 05 59 93 38 70 ou en adressant un message à l'adresse kontsulta@eke.eus). 

Joseph Jaureguiber

Joseph Jaureguiber, né à Larrau le 7 novembre 1884, sandalier de profession, est décédé à Gotein-Libarrenx le 29 octobre 1956.

Fils majeur de Bernard Jaureguiber, né en 1851, maçon, et de Marie Iribe, née en 1855, ménagère, tous deux domiciliés à Larrau, Joseph se marie le 1er février 1913 avec Marie-Annette Etchegoyhen (1889-1966), couturière de profession. Le couple marié et domicilié à Gotein-Libarrenx, à la maison Jaureguiberria, aura 7 enfants : Marie (1913- ?), Marguerite (1921-2011), Marie-Anne (1922-1951), Pierre (1923-….), Ernest (1927-1988), Joseph (1928-2016) et Edouard Jean (1930-2012).

Parcours du soldat et du prisonnier de guerre

Suite au décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il arrive au corps le 4 août. Porté disparu le 21 décembre 1914 à Massiges (Marne), il est prisonnier de guerre au camp de Meschede (Westphalie) ). Pendant sa captivité, le souletin est, avec Antoine Suhas, le Basque le plus sollicité par la Commission phonographique prussienne : il est enregistré au camp de Merseburg en mars 1916 et à Stolberg le 30 septembre 1917. La puissance de sa voix et son interprétation sont remarquables. Ses archives (beaucoup de chants, extraits de pastorales, narrations) sont réparties dans les phonothèques des deux institutions allemandes.

A la fin de la guerre, le 26 janvier 1919, il est rapatrié et passe au 7e régiment d’Infanterie coloniale le 28 mars. Renvoyé en congés illimités le 31 mars, il se retire à Gotein-Libarrenx. Dans la réserve de l’armée territoriale en 1924, il est placé sans affectation le 16 janvier 1927.

La mémoire familiale 100 ans plus tard

A la recherches de traces de Joseph Jaureguiber, la souletine Maider Bedaxagar a rencontré et filmé en 2015 deux de ses fils, Joseph (1928-2016) et Pierre. Ce dernier savait que son père avait été enregistré en Allemagne. Un extrait de leur touchant témoignage parait dans le documentaire Maitia nun zira ? d’Ainara menoyo et Elena Canas, réalisé en 2016.

Sources :

- Fiche d’enregistrement de la Commission phonographique prussienne © Lautarchiv, Humboldt-Universität zu Berlin (document consultable à l'ICB)

© Service départemental des Archives des Pyrénées-Atlantiques [en ligne] :

- Acte de naissance mairie de Larrau : http://earchives.le64.fr/img-viewer/FRAD064003_IR0002/LARRAU/5MI316/viewer.html?ns=FRAD064006_5MI316_1284.jpg
- Registre de recrutement militaire : https://consultarchives.le64.fr/registre_militaires/78967

Jean-Baptiste Suhas

Jean-Baptiste Suhas, né à Arcangues le 9 septembre 1884, maçon de profession, a vécu à Bassussarry où il est décédé le 6 février 1964. Fils de Mathieu Suhas, natif de Bardos, et de Sabine Doyharçabal, originaire d’Ustaritz, mariés à Bardos en 1882 et domicilés à Bassussarry.

Sur la fiche accompagnant les enregistrements, la Commission phonographique a noté que J. B. Suhas a passé les 6 premières années de sa vie à Arcangues et à Bardos, qu’il a ensuite vécu à Bassussarry où il a été scolarisé à l’école communale.

Marié à Catherine Bordalelecou d’Isturitz (1887-1973), il est déjà père de deux filles avant la guerre, Anne (1912-2009) et Félicie Sabine (26/06/1914-juin 1998). Sa seconde fille n'est âgée que d'un mois lorsque son père part à la guerre. 

Parcours du soldat et du prisonnier de guerre

Suite à la mobilisation générale décrétée le 1er août 1914, il intègre le corps du 249e Régiment d’Infanterie de Bayonne le 4 août 1914. Il est fait prisonnier par les Allemands à Craonnelle (Aisne) le 20 septembre 1914 en même temps que son frère Antoine, et tous deux sont internés en Allemagne au camp de Zerbst.

La Commission phonographique l’a enregistré à Rottleberode, avec son frère Antoine et Joseph Jaureguiber, ainsi qu’au camp de Merseburg les 20 et 22 mars 1916. Le Basque paraphe ses manuscrits en utilisant les prénoms Jean et Jean-Baptiste.

A la fin de la Grande Guerre, il est rapatrié par l’Alsace le 8 janvier 1919. Rentré au dépôt du 49ème régiment d’infanterie le 22 mars 1919, il se retire à Bassussarry. 

Après la guerre

De retour de captivité, la famille vit à Bassussarry à la maison Mikeou. Jean-Baptiste continue d’exercer le métier de maçon tout en élevant 2-3 vaches, usage très répandu en milieu rural. Un troisième enfant naîtra en 1921, Antoine Edouard (1921-1998), marié à Germaine Pétrissans et père de Marie-Domingin. Celle-ci se souvient qu'âgée de 3-4 ans, son grand-père la prenait sur ses genoux et lui chantait. Il chantait toujours. Il est décédé à 79 ans le 6 février 1964.

L'Institut culturel basque remercie vivement la famille pour son accueil et les renseignements biographiques fournies, en particulier la petite-fille de Jean-Baptiste Suhas, Marie-Domingin Oyharçabal née Suhas, de Bassussarry.

Sources :

- Documentation de la Commission phonographique prussienne © Lautarchiv, Humboldt-Universität zu Berlin (document consultable à l'ICB)

[en ligne] :

- Fiche du registre de recrutement militaire © Service départemental des Archives des Pyrénées-Atlantiques : https://consultarchives.le64.fr/
- Histoire de poilus Centenaire 14-18 : http://histoiresdepoilus.genealexis.fr/

 

Développé par CodeSyntax. CMS : Django.