Chants "Iduzki denian" - "Adios Getaria"

Le cylindre de cire contient 3 extraits de chants : les 2 premiers sont interprétés par Antoine Suhas et le troisième, "Ahaide zahar huntan", par Joseph Jaureguiber, à partir de 01:06 minute.

Remarque au sujet de la date d'enregistrement : ce type de fiche ne permettant de n'en mentionner qu'une seule pour tous les enregistrements de chaque prisonnier, vous obtiendrez l'information exacte en cliquant sur le lien externe renvoyant aux catalogues en ligne des deux institutions berlinoises.

Témoin(s) : Joseph Jaureguiber, Antoine Suhas

Commune : Arcangues

Fonds d'archives : Archives de la Commission Phonographique prussienne (Allemagne)

Collection(s) : Enregistrements de prisonniers de guerre basques (1916-1917)

Collecteur(s) : Königlich Preußische Phonographische Kommission, Hermann Urtel, Georg Schünemann

Date : 19-03-1916

Durée : 0:01:41

Référence : BER-09-12

Identifiant de la Commission phonographique prussienne: Baskisch 496

Lien externe : http://www.smb-digital.de/eMuseumPlus?service=ExternalInterface&module=collection&objectId=743517&viewType=detailView

Thème(s) : Chant et musique


Droits et conditions de reproduction

© Sammlung Phonographische Kommission VII WS 238, Ethnologisches Museum, Staatliche Museen zu Berlin-PreuBischer Kulturbesitz / © Lautarchiv, Humboldt-Universität zu Berlin

Les archives de ce basque sont réparties entre les phonothèques des deux institutions allemandes : celles enregistrées sur cylindres de cire sont au Musée ethnologique de Berlin, et celles, sur disques grammophoniques, à l'Université Humboldt. Les droits d'accès sont donc soumis, selon les cas, à l'un ou l'autre des propriétaires. Le Musée ethnologique de Berlin nous a donné l'autorisation de publier ses archives sonores et les images numériques des documents correspondants sur mintzoak. Nous tenons à lui exprimer notre sincère gratitude. Quant aux archives de l'Université Humbolt, tous les droits sont réservés. Ils sont consultables à l'Institut culturel basque (sur rendez-vous au 05 59 93 38 70 ou en adressant un message à l'adresse kontsulta@eke.eus). 

Joseph Jaureguiber

Joseph Jaureguiber, né à Larrau le 7 novembre 1884, sandalier de profession, est décédé à Gotein-Libarrenx le 29 octobre 1956.

Fils majeur de Bernard Jaureguiber, né en 1851, maçon, et de Marie Iribe, née en 1855, ménagère, tous deux domiciliés à Larrau, Joseph se marie le 1er février 1913 avec Marie-Annette Etchegoyhen (1889-1966), couturière de profession. Le couple marié et domicilié à Gotein-Libarrenx, à la maison Jaureguiberria, aura 7 enfants : Marie (1913- ?), Marguerite (1921-2011), Marie-Anne (1922-1951), Pierre (1923-….), Ernest (1927-1988), Joseph (1928-2016) et Edouard Jean (1930-2012).

Parcours du soldat et du prisonnier de guerre

Suite au décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il arrive au corps le 4 août. Porté disparu le 21 décembre 1914 à Massiges (Marne), il est prisonnier de guerre au camp de Meschede (Westphalie) ). Pendant sa captivité, le souletin est, avec Antoine Suhas, le Basque le plus sollicité par la Commission phonographique prussienne : il est enregistré au camp de Merseburg en mars 1916 et à Stolberg le 30 septembre 1917. La puissance de sa voix et son interprétation sont remarquables. Ses archives (beaucoup de chants, extraits de pastorales, narrations) sont réparties dans les phonothèques des deux institutions allemandes.

A la fin de la guerre, le 26 janvier 1919, il est rapatrié et passe au 7e régiment d’Infanterie coloniale le 28 mars. Renvoyé en congés illimités le 31 mars, il se retire à Gotein-Libarrenx. Dans la réserve de l’armée territoriale en 1924, il est placé sans affectation le 16 janvier 1927.

La mémoire familiale 100 ans plus tard

A la recherches de traces de Joseph Jaureguiber, la souletine Maider Bedaxagar a rencontré et filmé en 2015 deux de ses fils, Joseph (1928-2016) et Pierre. Ce dernier savait que son père avait été enregistré en Allemagne. Un extrait de leur touchant témoignage parait dans le documentaire Maitia nun zira ? d’Ainara menoyo et Elena Canas, réalisé en 2016.

Sources :

- Fiche d’enregistrement de la Commission phonographique prussienne © Lautarchiv, Humboldt-Universität zu Berlin (document consultable à l'ICB)

© Service départemental des Archives des Pyrénées-Atlantiques [en ligne] :

- Acte de naissance mairie de Larrau : http://earchives.le64.fr/img-viewer/FRAD064003_IR0002/LARRAU/5MI316/viewer.html?ns=FRAD064006_5MI316_1284.jpg
- Registre de recrutement militaire : https://consultarchives.le64.fr/registre_militaires/78967

Antoine Suhas

Antoine Suhas, né le 8 novembre 1885 à Arcangues, est décédé en 1946 suite à un accident survenu au cours d’une de ses tournées de facteur, activité qu'il exercait en plus de son métier de meunier. Il est le fils de Mathieu Suhas (originaire de Bardos) et de Sabine Doyharçabal (d'Ustaritz) domicilés à Bassussary.

Il s’est marié le 4 juin 1910 avec Marie-Jeanne Daguerre. De leur union sont nés 3 enfants : 2 avant la guerre, à Errotahandia à Arcangues, Marguerite (1911-2004) et Martin (1912-2002), et le troisième, Jean-Baptiste, après la guerre.

Parcours du soldat et du prisonnier de guerre

Incorporé comme soldat de 2e classe au 49e Régiment d’Infanterie à compter du 9 octobre 1906, il passe soldat de 1re classe le 21 juillet 1908, puis dans la réserve de l’armée active le 1er octobre 1908. Il a reçu un certificat de bonne conduite.

Rappelé à l’activité par suite de mobilisation générale, il arrive au 249e Régiment d'Infanterie le 4 août 1914. Pris le 20 septembre 1914 à Craonnelle, dans l’Aisne, il est prisonnier de guerre en Allemagne, au camp de Zerbst, puis déplacé au camp principal de Merseburg le 8 novembre 1915 comme l'atteste le document (P 32191) de la Kommandantur du camp, en ligne sur le site du Comité International de la Croix-Rouge.

C'est dans ce camp que la Commission phonographique l'a enregistré les 19, 20 et 22 mars 1916. Dans sa lettre manuscrite enregistrée à Stolberg le 1er août 1917, le soldat Antoine Suhas précise qu’il fait partie de la 8e Cie et porte le matricule 13714.

Parmi les 10 Basques ayant été choisis par la Commission phonographique prussienne pour l’étude de la langue et de la musique, Antoine Suhas est celui qui a été le plus sollicité, avec le souletin Joseph Jaureguiber. Parmi ses enregistrements, le texte autobiographique "Eskualdun baten letra mila bederatzi ehun eta hamazazpian" est remarquable en tous points. Il décrit le jour de la mobilisation au Pays Basque et le début de la guerre, il parle des relations avec les Allemands et donne sa réflexion sur la guerre, la captivité, gardant constamment en mémoire les siens laissés au pays.

Rapatrié par l’Alsace le 8 janvier 1919 (voir le document P 102119, en ligne sur le site du Comité International de la Croix Rouge), il rentre au dépôt du 49e R.I. le 22 mars 1919. Renvoyé dans ses foyers, il se retire à Arcangues.
Il recevra une pension d’invalidité de 20% pour séquelles de fracture bi-malléolaire à droite. Dégagé d’obligations militaires le 15 octobre 1934.

L'Institut culturel basque remercie vivement la famille pour son accueil et les renseignements biographiques fournies, en particulier Michel Suhas, le petit-fils d’Antoine Suhas habitant à Arbonne, et sa petite-nièce Marie Domingin Oyharçabal née Suhas, habitant à Bassussary, petite-fille de Jean-Baptiste Suhas, frère d'Antoine, lui aussi prisonnier en Allemagne et enregistré par les membres de la Commission phonographique.

Sources :

- Fiche d’enregistrement et documentation de la Commission phonographique prussienne © Lautarchiv, Humboldt-Universität zu Berlin (consultable sur rendez-vous à l'ICB)

[en ligne]:

- Fiche du registre de recrutement militaire © Service départemental des Archives des Pyrénées-Atlantiques :
https://consultarchives.le64.fr/registre_militaires/83678
- Les archives de l’Agence Internationale des Prisonniers de Guerre 1914-1919 du Comité International de la Croix-Rouge : https://grandeguerre.icrc.org
- http://prisonniers-de-guerre-1914-1918.chez-alice.fr/

Développé par CodeSyntax. CMS : Django.