L’accompagnement musical de la danse a longtemps été assurée par des ménétriers de condition modeste. Au Pays Basque sud comme au nord, sous l’Ancien régime et parfois jusqu’au XXe siècle, les "tambourins" sont des musiciens professionnels, semi-professionnels ou artisans : charpentiers, tisserands, forgerons, meuniers, cordonniers, etc.. On n’y compte que rarement des laboureurs, et encore moins des propriétaires terriens. Beaucoup de musiciens sont issus de quartiers de cagots, comme Bozate à Arizkun, Mixelena à Saint-Etienne-de-Baigorry ou Xuhitoa à Anhaux. Certains sont bohémiens. Descendants de catégories sociales à qui la participation à la danse publique avait longtemps été prohibée, ces ménétriers se retrouvent sur une posture ambivalente : détenteurs du savoir musical et chorégraphique, ils garantissent la qualité de la danse mais restent au service des dirigeants de la jeunesse (danbolinausiak : les maîtres du tambourin ou soinu mutilak : les garçons de la musique). La figure du musicien-maître de danse survivra jusqu’au XXe siècle, à l’instar des figures emblématiques d’Alejandro Aldekoa à Berriz (Biscaye) ou de Maurizio Elizalde dans la vallée du Baztan.
Le statut social du musicien varie selon les lieux et les époques.
Bayonne connaît au XVIIe-XVIIIe siècle une corporation des musiciens bien établie et les tambourins, outre leurs obligations coutumières, se mêlent aux instruments "savants" pour bon nombre d’occasions. Mais c’est surtout au Pays Basque sud, comme l’ont montré Mikel Aramburu et Karlos Sánchez Equiza, que la figure du tamborilero ou txuntxunero (joueur de ttunttun : tambourin et flûte à trois trous) devenu txistulari (joueur de txistu) connaîtra un processus d’institutionnalisation à l’échelle des municipalités, renforcé par le foralisme et l’influence des Lumières d’abord, le romantisme ensuite. Les txistularis urbains, outre leurs fonctions coutumières, s’emploient à adapter (et à tempérer) l’instrument aux nouveaux répertoires de salon et de concert.
En Navarre, la gaita (aérophone à anche double) connaîtra un processus de modernisation similaire au XIXe siècle, en particulier sous l’influence de Julián Romano (1831-1899) et de l’école de gaita d’Estella.
Au Nord, les ménétriers resteront largement à l’écart de ce double processus d’institutionnalisation et de modernisation, tout en maintenant leur fonction originelle auprès des danseurs.
Le XIXe et le XXe siècle seront les temps de la politisation de la culture populaire, au nom de diverses idéologies, au Pays Basque nord et sud. La figure du ménétrier n’échappe pas aux relectures en tout genre. Symbole d’une singularité basque, le txistu (flûte à trois trous) prend une valeur symbolique avec la montée du nationalisme basque au Pays Basque sud dans la première moitié du XXe siècle. L’Association des txistularis du Pays Basque, fondée en 1927, renforcera cette reconnaissance. Au Pays Basque nord, xirula (flûte à trois trous) et ttunttun (tambourin à cordes) ne font pas l’objet d’un intérêt comparable, et leur usage décline. Les Jeux floraux incluent certes des concours de xirula et de sauts jusqu’en 1920, mais l’impulsion ne suffit pas. Concurrencé par les cuivres et l’accordéon, le tambourin à cordes disparaît d’abord du Labourd et de la Basse-Navarre – sauf en pays de Mixe – dès avant 1914. La xirula devient instrument de seconde zone à l’exception de la Soule, où la forte personnalité du tambourinaire Lexarduart (1866-1938) lui permet de perdurer. Le violon, sans doute considéré comme insuffisamment "basque" par les définisseurs culturels, sombre dans l’oubli. L’accordéon triomphe partout et permet de renouveler une partie du répertoire. Au Sud, le trikitixa, accordéon diatonique arrivé à la fin du XIXe siècle, devient central pour la danse récréative.